Entretien avec Tomislav Krizanovic : « Se battre pour réussir »

A deux matchs de la trêve, l’entraîneur du Dijon Bourgogne HandBall Tomislav Krizanovic a accepté de répondre à nos questions. Il se dévoile et tire un bilan de la première partie de saison. Il annonce aussi l’objectif principal pour 2015 : les plays-offs. 

 

« L’important est de toujours trouver un équilibre »

Bonjour Tom, vous êtes arrivé cet été au Dijon Bourgogne Handball et le public Dijonnais aimerait certainement vous connaître encore un peu mieux. Un homme de poigne au tempérament discret ?

Il ne fait nul doute que je suis un homme de poigne qui sait commander ses sentiments afin de pouvoir entraîner et diriger avec énergie, analyser et prendre les décisions qui s’imposent mais je ne dirai toutefois pas que mon tempérament est discret. Je suis tempéré, je sais me faire discret et je sais aussi quand me faire discret, ceci est tout simplement nécessaire pour me permettre de réfléchir et réagir sans prendre de décisions hâtives ou non réfléchies. De la même façon, je sais réagir dans ou face à certaines situations, quand il le faut, avec beaucoup plus de fermeté et de poigne. L’important est de toujours trouver un équilibre. Etre entraîneur requiert de faire preuve de beaucoup de rigueur, de discipline et de caractère, tout en sachant tempérer et équilibrer le tout avec une pointe de psychologie. Il ne faut pas oublier que chaque joueur qui compose un collectif est unique de par son jeu et de par son tempérament, tout comme chaque collectif l’est également, il est donc indispensable de savoir se positionner, s’adapter lorsqu’il le faut et bien sûr s’affirmer en asseyant son autorité tout en permettant à l’individualité et au collectif de s’exprimer lorsqu’il le faut.

Comment avez-vous vécu vos premières semaines au club ?

Mes premières semaines au club se sont très bien passées. J’ai tout simplement commencé à prendre mes marques. Ce fut l’occasion pour moi de faire plus ample connaissance avec tout le club, le staff et plus particulièrement d’apprendre à connaître les joueurs. C’est durant ces premières semaines que j’ai pu commencer à observer les joueurs, voir les qualités et les défauts, les points forts et les points faibles de chacun et ainsi du collectif, ceci me permettant de réfléchir aux possibilités que nous avions et de la manière avec laquelle nous pouvions avancer et articuler l’équipe. Il n’y avait pas de temps à perdre, nous nous étions immédiatement mis au travail pour préparer le championnat et essayer de tirer et obtenir le maximum de cette équipe.

Après la préparation cet été aux Ménuires, le début de saison fut bon avec 3 victoires lors des 4 premiers matchs. Les mauvais résultats se sont ensuite enchaînés, comment expliquez-vous cette série de 4 défaites de suite au mois d’octobre ?

En effet, le début était bon avec trois victoires sur quatre matchs, mais il faut reconnaître que nous n’avions pas encore rencontré les cadors du championnat, qui sont arrivés ensuite. Ces équipes ont toutes de très bons éléments avec un effectif important, et le manque de rotation nous a fait défaut. De plus, sur ces quatre défaites trois étaient à l’extérieur, ce qui était d’entrée en notre défaveur.

 

« L’équipe avait tendance à se relâcher et à perdre sa concentration »

On a vu des débuts de deuxième mi-temps en demi-teinte lors de cette série de défaites, l’une des pièces maîtresse de votre groupe, Marc Poletti, estimait lui que c’était un relâchement  et que tout le monde devrait y travailler. Comment avez-vous remédié à cela ?

Effectivement lors de ces matchs après une première mi-temps relativement bonne, l’équipe avait tendance à se relâcher et à perdre sa concentration, ce qui a conduit en toute logique à enchaîner les erreurs et les précipitations, et par conséquent à perdre le match. Avec les joueurs, nous en avons beaucoup et longuement discuté et nous y travaillons pour que cela n’arrive plus.

On a ensuite vu des choix forts de votre part face à Besançon, les jeunes ont apporté un second souffle à l’équipe, pourquoi ce choix d’entrée de seconde mi-temps ?

Sur ce match nous avions vécu l’inverse des matchs précédents où les premières mi-temps étaient relativement bonnes. Contre Besançon, nous avions fait une très mauvaise première mi-temps et il fallait réagir immédiatement au risque de le payer cher par la suite. J’ai fait le choix des jeunes pour essayer d’inverser le cours du match et aussi pour essayer de faire réagir les cadres. Et sur ce match, les jeunes ont rendu une copie très satisfaisante des consignes reçues et du projet de match sur lequel nous avions travaillé lors des entraînements, je suis content pour eux et pour l’équipe. Ce fût une belle victoire.

On sent quelques jeunes avec beaucoup de potentiel dans cette équipe ?

Oui il y a du potentiel. Toutefois, il est primordial qu’ils continuent à travailler et acquérir de l’expérience. Il ne faut pas oublier qu’ils sont jeunes, et bien qu’ils nous aient montré qu’ils étaient capables, professionnels et motivés, la vérité d’un jour n’est pas forcément celle du lendemain, autrement dit ce qui fonctionne pour un match contre une équipe ne fonctionne pas forcément pour un autre match contre une autre équipe. Ils ont encore beaucoup à apprendre, et nous allons continuer à travailler ensemble. Je pense que cette saison va être très bénéfique pour eux, l’équipe et le club.

 

« Un bon présage pour les matchs retours »

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A deux matchs de la trêve, quel bilan tirez-vous de cette première partie de saison ?

Le bilan est très mitigé : 10 matchs, 4 victoires et 6 défaites. Etant un compétiteur et un perfectionniste, forcément je ne peux pas être content. Cependant, si on regarde le fait que nous n’avons joué que 4 matchs à domiciles et qu’à l’extérieur nous n’avons rencontré que les grosses écuries, exception faite de Strasbourg, ça laisse un bon présage pour les matchs retours.

Concrètement quel discours adoptez-vous avec vos joueurs en ce moment et quels seront les mots que vous emploierez avant de débuter la deuxième partie de saison et le sprint final ?

Le discours est très simple, chaque fois que l’équipe a respecté les consignes et le projet de jeu mis en place, le résultat était bien là au bout. Mais dans les temps faibles, la concentration se perdait et nous sortions du match. Alors le message n’est ni plus ni moins: restez concentré et exécutez les tâches demandées en minimisant au maximum les temps faibles. Les consignes et le travail ne doivent pas seulement être compris, ils doivent également être complètement intégrés dans le jeu et dans le comportement sur le terrain. Il faut être fort non seulement physiquement mais mentalement aussi.

Dans la 2ème phase du championnat, le calendrier nous est favorable (7 matchs à la maison) et l’affinité entre les joueurs sera plus forte que celle du début. En plus, on espère qu’un joker va renforcer l’effectif et donner un plus à cette équipe. Avec tous ces éléments, nous avons toutes nos chances de nous qualifier pour les play-offs.

 

« Se battre pour réussir »

Tout le club veut croire aux plays-offs, les supporters aussi. Selon vous qu’est ce qui peut mener les joueurs et le groupe à atteindre cet objectif et à aller au bout ?

La volonté de travailler et de se battre pour réussir, la soif des victoires et la confiance en ce groupe et dans ses possibilités. Quand vous jouez, vous voulez gagner et quand vous gagnez, la confiance se renforce. Plus vous gagnez, plus vous est fort mentalement et donc plus fort sur un terrain. C’est avec le travail et la rigueur de chacun des joueurs, que le collectif pourra atteindre l’objectif de se qualifier pour les play-offs.

En espérant une victoire à Angers vendredi, il reste un match domicile avant la trêve, la réception de Billère sera l’occasion  de terminerl’année civile sur une bonne note. Un petit mot pour les supporters du DBHB qui se déplaceront pour ce marché de Noël ?

Merci d’être toujours là et de nous soutenir. Continuez à venir nous supporter, on vous le rendra et on fera tout pour atteindre notre objectif. On compte sur vous, on a besoin de vous ! Allez DBHB.

Interview – Thomas Ormansay

Crédit photo © Eric Bontemps